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Mercredi 10 mars : montée au refuge Wallon (1865m) puis au lac du Pourtet (2420m)
Départ du parking du Pont d’Espagne (1459m) à 11h par la piste raquettes (rive gauche) puis le sentier d’été ; il nous faut 3h pour atteindre le refuge (1/4h de plus pour Richard qui est en raquettes). Le temps est très froid et mitigé, alternance de soleil et de nuages peu épais.
On repart du refuge vers 15h15 pour monter à skis au lac Nere puis au lac du Pourtet (atteint en 2h15). Le ressaut au dessous du lac Nere est un peu délicat à franchir, on contourne ensuite le lac par la droite, en passant sur une coulée d’avalanche à l’extrémité nord (plaque décrochée à mi versant)
Ensuite vallée agréable, on laisse sur la gauche un vallon qui conduit au lac de Bassia, et qui doit être joli aussi. On atteint le lac du Pourtet, d’où l’on a une belle vue sur le grand col de Bassia, la crête déchiquettée des aiguilles du pic Arrouy et la face SO du pic éponyme.
Le ciel est maintenant presque totalement dégagé, bleu au dessus de nous… et pourtant il tombe presque en continu une petite neige fine ! D’où vient-elle ???
Très belle lumière pour la descente, arrivée au refuge à 18h45.

Jeudi 11 mars : pic Alphonse Meillon (2930m) et pic de l’Affron (2567m), ou presque !
Lever 6h15 pour un départ à 7h30. Grand beau, grand froid aussi (-12° au refuge) mais pas de vent.
Montée au lac d’Arratille (2247m) avec Richard, il nous faut un peu moins de 2h pour gagner son extrémité sud, où on laisse Richard. Quelques petits passages à flanc lui ont posé problème mais globalement la montée se fait bien en raquettes.
On repart du lac peu après 9h30, en direction de l’est et on prend sur la gauche du pic de tuque Blanque un premier couloir facile, puis vers 2450m, on laisse un vallon à gauche pour attaquer un premier ressaut. Les derniers mètres sont raides et on les fait à pied en portant les skis. Je fais la bêtise de m’en servir de bâtons, et j’ai une peau qui commence à se décoller, ce qui m’obligera à porter mes skis jusqu’au moment où l’on atteint le soleil et où la peau voudra bien de nouveau adhérer.
Après ce premier ressaut, on part vers la droite, pour arriver au pied d’une grande face orientée OSO. L’itinéraire de la carte se dirige à cet endroit vers l’arête SO, mais notre topo conseille de remonter la face, ce que l’on fait, d’autant que l’arête à cet endroit est très rocheuse.
Une centaine de mètres sous le sommet, on tente de traverser vers l’arête O mais on ne sent guère à l’aise sur cette neige qui tient assez mal (quelques cm de neige fraîche, parfois plus, jusqu’à 40cm, sur une sous-couche complètement gelée). On est à la limite de la glissade, et la pente en dessous est raide jusqu’au lac. De plus il commence à être tard (midi passé) et il ne faudrait pas que Richard s’inquiète.
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On décide donc de rebrousser chemin; dommage ! La vue sur le Vignemale est déjà splendide (il parait à portée de main), qu’est ce que cela doit être depuis le sommet à 2930m ! On enlève tant bien que mal nos peaux avant d’enclencher les premiers virages dans une neige un peu inégale. Plutôt bonne quand même, mais avec des pièges : alternance de petites accumulations et de plaques dures, blocs de glace dissimulés sous la surface. D’où des chutes sans autres conséquences que de la poudreuse dans le cou et sur les lunettes.
A partir du lac d’Aratille, la descente se fait dans une neige douce, agréable à skier, au milieu des sapins. Pas de vent, cela scintille de partout, le paysage respire la sérénité.
Arrivée au refuge vers 14h, le temps commence à se couvrir. Il y a eu les premiers nuages dans les vallées vers midi, et maintenant ils arrivent de plus en plus vite.
Vers 15h30, quand Richard redescend au parking, on est en plein brouillard.
Je décide de monter quand même au pic de l’Affron qui est juste en face du refuge : c’est suffisamment tracé pour que je n’aie aucun risque de me perdre, et j’ai largement le temps de faire l’aller-retour avant la nuit.
La montée se fait d’abord dans une forêt de sapins assez clairsemés, sur une pente moyennement raide, puis on quitte les arbres, je ne vois pas grand-chose jusqu’au moment où j’arrive à une petite pointe où s’arrêtent les traces. La crête continue à monter doucement en direction sud et je sens que je suis à la limite des nuages. Je décide donc d’aller voir un peu plus haut : dans le pire des cas, si le brouillard gagne, j’aurai toujours mes propres traces pour revenir. La pente est douce et je parviens à un endroit magique où j’émerge des nuages: le sommet est au dessus de moi, mais difficilement accessible, car la crête se redresse nettement au-delà d’un dernier replat. Je me contente donc d’apprécier la vue magnifique sur les pics qui émergent un peu partout de la mer de nuages, et profite des derniers rayons de soleil avant de replonger dans le brouillard.
Descente sans visibilité, en suivant les traces de montée et pas mal de traces de descente. La neige est très agréable, homogène, à peine un peu lourde par endroits. Arrivée au refuge vers 18h.

Vendredi 12 mars : antécime du Cambalès (2965m)  et Cardinquère (2509m)
La météo annoncée pour aujourd’hui n’est pas excellente : mer de nuages le matin gagnant du terrain au fil de la journée. Quand on se lève à l’aube, il y a effectivement quelques nuages qui traînent par ci par là, mais ils disparaissent avec le lever du soleil, et on part vers 7h30 dans une ambiance de grand beau.
On remonte le Marcadau en rive droite, puis à 1940m on le traverse pour remonter une pente assez soutenue (à skis pas de problèmes, cela doit plus inconfortable en raquettes). En haut on prend vers la gauche un vallon en pente douce, jusqu’à un petit mamelon que l’on contourne pour passer à côté d’un petit laquet. On se dirige ensuite droit vers la grande Fache, toujours par des pentes très douces. On tourne légèrement à droite pour faire les derniers 200m sous le col.
Arrivée au col vers 10h15, avec un vent de tous les diables, autant du côté espagnol que du côté français ! On va jeter un coup d’œil sur la droite pour essayer de repérer le passage dont nous a parlé un randonneur la veille, mais cela ne nous inspire guère : avec un vent violent et irrégulier, nous n’avons nulle envie de tenter une traversée au-dessus d’une pente raide parsemée de barres. Mieux vaut redescendre de 150m pour gagner les lacs de la Fache. Le plus pénible, c’est d’enlever les peaux ; ensuite la descente se fait par un couloir raide mais avec une neige agréable. On remet les peaux au soleil dans un endroit moins glacial (heureusement !) puis on attaque la remontée : pendant une centaine de mètres, on suit un vallon orienté NNO, puis on bifurque à 90° sur la droite pour rejoindre le col d’Aragon que l’on atteint à 12h15.
On met les couteaux : la pente qui mène au sommet est complètement gelée sur les premiers mètres ; ensuite cela va nettement mieux. On passe un endroit rocheux et on continue un peu à skis, mais cela devient compliqué : la pente de neige se raidit et est entrecoupée de rochers. On continue donc à pied, tant bien que mal, moitié sur les rochers moitié dans la neige. Vers 13h, on s’arrête à un premier petit sommet, le « vrai » n’est pas beaucoup plus haut, mais l’atteindre nécessiterait des efforts que nous n’avons guère envie de faire. D’autant que la vue est déjà splendide, autant prendre un peu de temps pour l’apprécier avant la redescente : le Balaïtous à droite, le Vignemale à gauche, Néouvielle et pic du midi de Bigorre dans le lointain (l’Ossau, visible depuis le col de la Fache, est maintenant caché par le massif du Balaïrtous)
Redescente prudente jusqu’à l’endroit où nous avons laissé les skis, puis au col.
Du col, on redescend d’abord en longeant les belles parois de droite (petite Fache, pic Pantet), sur un reste de glacier (d’après la carte). Puis on s’en écarte un peu vers la gauche pour suivre une croupe morainique ; on essaye de descendre vers le lac de Cambalès, mais c’est très raide et Vincent parti en reconnaissance remonte en escalier ; on continue un peu pour arriver au dessus du lac d’Opale. On suit en fait de vieilles traces de montée, c’est raide mais cela passe bien. Ensuite on gagne la vallée au fond de laquelle se trouve le refuge et on navigue « à vue ». Le plus délicat est de trouver les bons endroits pour franchir les petits ruisseaux qui convergent avant le replat où est implanté le refuge Wallon.
Arrivée à 15h45, toujours sous le soleil ; les nuages prévus ne commenceront à arriver que vers 16h

16h30 : je repars pour la Cardinquère en estimant que j’ai le temps de faire l’aller-retour avant la nuit ; comme la veille, le brouillard ne m’inquiète pas car je sais que l’itinéraire est déjà tracé. En plus le scénario de la veille se reproduit, en mieux même car je sors des nuages vers   m au pied d’une belle paroi rocheuse. Les traces montent régulièrement dans des pentes en général soutenues, mais avec quelques passages plus faciles qui viennent à point pour permettre de petites pauses. Curieusement les traces s’arrêtent 50m sous le sommet, alors qu’il n’y a plus aucune difficulté !
Vue magnifique mais temps glacial : malgré le soleil, les peaux sont raides et j’ai du mal à les enlever et encore plus à les plier ! Il faut dire qu’il est 18h15 et que je suis à 2500m.
Retour en 25mn au refuge, la descente est super tant que je suis au dessus du brouillard.

Samedi 13 mars : col du Chapeau (2531m) et redescente par la vallée de Gaube
Toujours grand beau, à peine quelques nuages d’altitude, et toujours grand froid
Départ à 7h30 comme d’hab, mais avec des sacs plus lourds que les deux jours précédents…
Montée au lac d’Arratille en deux heures ; de là on se dirige SO vers le lac de la Badète que l’on longe au nord en suivant une grande traversée ascendante qui nous conduit à un vallon qui mène naturellement à un petit col. Le vrai col du Chapeau est un peu plus à droite, juste au pied du Chapeau, petit sommet rocheux. Entre les deux cols, il y a un promontoire accessible à skis, d’où l’on a une vue magnifique sur tout le secteur du Marcadau.
Redescente agréable vers le lac d’Arratille où l’on remet les peaux pour gagner le col d’Arratille (2528m). La neige a été complètement soufflée par le vent sous le col, et on navigue tant bien que mal entre de grandes plaques de glace. On arrive en redescendant jusqu’au petit lac du col à passer sans mettre les couteaux, mais c’est très limite.
Col d’Arratille atteint à ?
On enlève les peaux pour gagner le fond du Rio Ara 150m en contrebas. La montée au col des Oulettes nous parait vue de là fort raide, celle qui mène au col des Mulets aussi d’ailleurs ! Mais elle est tracée donc elle sera sûrement plus facile ; on remet les peaux et on met tout de suite les couteaux, craignant de trouver des plaques dures en haut de la montée. En fait rien de tel, la montée n’est pas du tout raide et la neige est très bonne…
Col des Mulets, 2591m, 14h30 ?
Fabuleuse descente dans un magnifique couloir exposé est jusqu’au replat des Oulettes ; on se régale malgré les sacs qui nous plombent un peu. Arrivée au refuge vers 15h15 ; je remonte sans sac vers les lacs d’Arraillé (2450m), pour redescendre de suite. Même en exposition ouest, à 4h de l’après-midi, la neige est excellente ! Incroyable ! Et sans sac, on est nettement plus léger…
On entame la redescente dans le vallon de Gaube vers 16h45 ; c’est globalement assez plat, heureusement la piste de montée est tellement bien tracée que l’on glisse sans effort. Quelques petits ressauts où l’on peut faire des virages, mais ici la neige est lourde, et c’est moins agréable.
On longe le lac de Gaube par la gauche, le sentier monte et descend, passe au milieu d’énormes coulées d’avalanches ; il y a une option par le lac, que l’on ne prend pas, et qui est sans doute plus aisée.
En dessous du lac de Gaube, on suit les conseils du gardien du refuge et on reste en dessous du sentier d’été qui mène à l’arrivée du télésiège. C’est tracé au milieu des sapins et des blocs rocheux, cela monte et descend sans cesse, ce qui ne doit pas être gênant en raquettes, mais est plus compliqué à skis…
On finit par rattraper la piste bleue qui descend du télésiège, et là on est mieux à skis !
Arrivés en bas on ne voit pas le pont, pourtant juste en face de nous en on fait un petit tour gratuit vers l’amont..
Arrivés au parking à 18h30